Cybersécurité : boom des recrutements et 69% des experts sollicités

L’Anssi révèle les mutations du marché de l’emploi en cybersécurité

L'Anssi dévoile l'évolution des métiers cyber : +49% d'offres en 5 ans, experts très demandés mais stress croissant. Portrait d'un secteur en tension.

L’Observatoire des métiers de la cybersécurité, publié par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) en collaboration avec l’Afpa et la DGEFP, dresse un panorama détaillé de l’écosystème français. L’étude passe au crible les profils des professionnels, l’évolution des besoins en recrutement et les transformations du secteur depuis 2019.

Un secteur à dominante masculine et très diplômé

Les données de cette étude soulignent une filière encore largement masculine, puisque 85 % des professionnels interrogés se définissent comme des hommes. Le niveau d’études est particulièrement notoire, avec 62 % des participants détenant un diplôme équivalent ou supérieur à Bac+5. Neuf salariés sur dix occupant des postes de cadres en CDI ou de fonctionnaires, cette population bénéficie majoritairement d’une situation professionnelle stable.

La moitié de ces professionnels exerce au sein de structures comptant plus de 1 000 salariés, et 66 % opèrent dans le secteur privé. Dans ce domaine, l’expérience constitue un atout indéniable : 60 % des répondants affichent plus de cinq années d’ancienneté en cybersécurité. Il est toutefois à noter que pour la moitié d’entre eux, cette spécialité ne correspondait pas initialement à leur champ d’expertise.

Du côté des formations, deux tiers des spécialistes (66 %) sont titulaires d’un diplôme ou d’une certification en cybersécurité, tandis que 63 % possèdent un diplôme en informatique ou numérique. Cette combinaison de compétences techniques semble répondre aux exigences grandissantes du marché.

Des experts très solicités par les employeurs

L’attrait du secteur se mesure à la fréquence des sollicitations que reçoivent ses professionnels. Près de 69 % des participants indiquent avoir été contactés par des recruteurs au cours de l’année écoulée. Parmi eux, 44 % ont été démarchés plus de onze fois, révélant une forte pression sur le marché de l’emploi dans ce domaine.

Les détenteurs de certifications en cybersécurité sont particulièrement courtisés : 80 % d’entre eux ont reçu des propositions, contre 53 % pour les profils non certifiés. Cette différence met en évidence l’intérêt de la spécialisation dans un marché très compétitif.

Afin de maintenir leurs compétences à jour, plus de trois professionnels sur quatre privilégient la veille sectorielle, les réseaux professionnels et l’apprentissage autonome. La formation externe attire également la moitié des répondants. Si un tiers déclare avoir suivi plus de cinq jours de formation au cours de l’année, près de trois sur dix n’en ont suivi aucune. Malgré ces écarts, 69 % estiment que l’offre de formation répond à leurs besoins.

Une satisfaction ternie par le stress

Bien que 88 % des spécialistes en cybersécurité se disent satisfaits de leur travail, appréciant le contenu de leurs missions, leurs horaires et leurs relations hiérarchiques, cette satisfaction est tempérée par certaines difficultés. En effet, 62 % décrivent leur activité comme source de stress, et 57 % pointent une charge de travail excessive comme principale cause de tension.

Malgré ces contraintes, les professionnels manifestent un fort attachement au secteur. Les trois quarts des participants envisagent de rester dans la cybersécurité et au sein de leur entreprise actuelle, tout en continuant à développer leurs compétences. Seuls 13 % expriment le souhait de quitter ce domaine, confirmant ainsi l’attrait durable de ces métiers.

Un marché de l’emploi en pleine effervescence

L’analyse de plus de 23 000 offres d’emploi publiées entre juin 2023 et juin 2024 confirme la vitalité du secteur. Le volume de postes disponibles a enregistré une hausse de 49 % entre 2019 et 2024, avec près d’un doublement des offres sur une période de cinq ans. Cette expansion s’accompagne d’une stabilité des contrats proposés : 77 % des offres concernent des CDI, majoritairement concentrés en Île-de-France.

Le niveau de qualification requis reste élevé, 40 % des offres exigeant un Bac+5. Les secteurs de l’informatique et des télécommunications concentrent 23 % des recrutements, suivis par le recrutement et l’intérim (17 %), l’industrie technique (10 %), les services aux entreprises (7 %) et la fonction publique (6 %).

Le top 5 des métiers reste stable

Depuis 2019, la hiérarchie des spécialités les plus recherchées n’a pas évolué. L’architecte en cybersécurité conserve la première place, tandis que le consultant et l’ingénieur en sécurité IT se partagent la deuxième position, représentant chacun 15 % des demandes. L’analyste (8 %) et l’expert en sécurité (7 %) complètent ce classement stable, témoignant de besoins structurels durables dans ces domaines techniques pointus.