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71% des SSII peinent à recruter en IT, freinant leur croissance. Les profils IA, data et cloud manquent cruellement, faisant grimper les tarifs.
Le marché de l’emploi en informatique fait face à une crise de recrutement qui s’intensifie. La deuxième édition du baromètre des expertises numériques d’Inop’s, filiale du groupe Freelance, indique que 71% des entreprises du secteur rencontrent des difficultés à recruter certains profils, ce qui freine leur développement. Cette proportion est en nette augmentation par rapport aux 66% relevés en 2019.
L’étude, qui a interrogé 166 acteurs du numérique, met en lumière l’ampleur des obstacles rencontrés par les sociétés de services informatiques (SSII) pour satisfaire les exigences de leurs clients.
Les chiffres dépeignent une situation préoccupante pour les SSII. Près de la moitié d’entre elles (47%) ne parviennent pas à combler l’intégralité des attentes de leurs clients. Cette lacune est principalement due à la pénurie de ressources qualifiées.
Par ailleurs, 74% des entreprises sondées arrivent à couvrir entre 50 et 80% de leurs besoins en recrutement. Cette fourchette illustre le décalage persistant entre l’offre et la demande sur le marché du travail informatique.
L’accélération de la transformation numérique dans plusieurs secteurs clés amplifie cette problématique. Les entreprises peinent à intégrer rapidement les nouvelles expertises nécessaires pour suivre le rythme des évolutions technologiques.
Certaines spécialités concentrent particulièrement les tensions de recrutement. Le cloud et le DevOps, ainsi que l’intelligence artificielle et la data, sont en tête des expertises les plus difficiles à trouver, un défi pour 49% des entreprises interrogées.
Le management de projets arrive juste après, avec 45% des répondants signalant des difficultés à recruter pour ces fonctions. Le développement, les tests et l’intégration complètent ce panorama des compétences rares, affectant 43% des structures sondées.
Cette répartition met en évidence trois grandes tendances du secteur. Premièrement, l’émergence de savoir-faire spécifiques en IA, blockchain et réalité augmentée ou virtuelle. Deuxièmement, une spécialisation accrue des profils en développement logiciel et cybersécurité. Enfin, une augmentation des besoins en automatisation de processus et en analyse de données.
Les prévisions pour 2030 confirment la place prépondérante de l’intelligence artificielle dans les besoins futurs. Cette technologie se classe première des compétences dont la croissance est attendue d’ici la fin de la décennie.
Les professionnels de la sécurité informatique se positionnent au deuxième rang, suivis par les analystes de données. Les spécialistes de l’Internet des objets (IoT) et ceux de l’industrie 4.0 complètent ce top 5 des expertises prometteuses.
Cette évolution témoigne de la transformation actuelle des métiers du numérique, où les compétences traditionnelles font progressivement place à des savoir-faire plus pointus et spécialisés.
La rareté des profils qualifiés entraîne mécaniquement une hausse des rémunérations. Dans le secteur du conseil, 82% des SSII observent une augmentation des taux journaliers moyens (TJM) de leurs consultants.
Le TJM moyen atteint désormais 622 euros, avec une médiane à 600 euros. Toutefois, cette progression ne concerne pas uniformément tous les domaines. Pour 17% des entreprises ayant noté des hausses, seules certaines spécialités sont concernées, notamment la data et le DevOps.
Les petites structures, en particulier celles de moins de 100 salariés, affichent des TJM plus élevés que leurs homologues de grande taille. Cette distinction reflète les stratégies différentes adoptées selon la dimension des entreprises.
Face à ces défis, plusieurs pistes sont envisagées pour harmoniser l’offre et la demande. La formation, qu’elle soit initiale, continue ou interne, constitue le premier levier identifié pour adapter les compétences disponibles aux exigences du marché.
L’ouverture à l’international représente une deuxième voie à explorer, avec l’intégration de ressources étrangères. Cette approche pourrait contribuer à alléger les tensions de recrutement pour certains profils critiques.
L’accroissement de la mixité dans les métiers informatiques figure également parmi les solutions proposées. Pourtant, malgré les engagements affichés, les progrès restent limités. Les femmes ne constituent que 24% des effectifs du numérique en France selon l’Insee, 17% des métiers IT en Europe d’après l’Union européenne, et seulement 12% des chercheurs en IA à l’échelle mondiale selon l’Unesco.