L'Unédic prévoit un déficit de 300 millions en 2025

L’Unédic prévoit un déficit de 300 millions d’euros en 2025 et accuse l’État

L'organisme gestionnaire de l'assurance chômage révise ses prévisions à la baisse et dénonce les ponctions de l'État qui paralysent le désendettement du régime.

L’instance dirigeant l’assurance chômage lance un signal d’alarme. L’Unédic anticipe désormais un déficit de 300 millions d’euros pour 2025, une estimation en hausse par rapport aux 200 millions envisagés en février.

Cette détérioration survient dans un climat économique peu favorable. L’organisation paritaire met en cause les prélèvements répétés opérés par l’État sur ses comptes.

L’État ponctionne, l’Unédic s’inquiète

Les recettes du régime d’assurance chômage subissent de fortes diminutions, selon les analyses de l’Unédic. Au total, l’État aura prélevé 12,05 milliards d’euros entre 2023 et 2026.

Ces fonds sont notamment alloués au financement de France Travail et de France Compétences. L’Unédic critique vivement cette pratique, y voyant un frein à ses capacités de gestion.

« L’État nous retire notre capacité à éponger notre dette », a affirmé Jean-Eudes Tesson, président de l’Unédic. Il juge cette situation « particulièrement sérieuse ».

Une dette considérable qui persiste

Le processus de désendettement du régime reste bloqué, malgré les mesures de réforme restrictives. La dette devrait atteindre 59,8 milliards d’euros d’ici 2025.

Ce montant inclut toujours la part de l’endettement liée à la crise sanitaire. L’organisme avait engagé 18,1 milliards d’euros afin de soutenir l’emploi durant la pandémie.

Cependant, les réformes de l’assurance chômage de 2023 et du début 2025 visent à limiter les dépenses. Elles prévoient notamment une réduction de 25 % de la durée d’indemnisation.

Perspectives moroses pour l’emploi

Le marché du travail devrait connaître des pertes d’emplois nettes significatives. L’Unédic prévoit 91 000 destructions d’emplois en 2025.

Une reprise très progressive est ensuite escomptée : 55 000 créations en 2026, puis 174 000 en 2027. Cette amélioration dépendra néanmoins de l’évolution positive du contexte économique.

Paradoxalement, le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés devrait diminuer. Il passerait de 2,7 millions fin 2024 à 2,6 millions fin 2025 et 2026, pour finalement atteindre 2,5 millions fin 2027.

Un rôle d’amortisseur affaibli

L’Unédic s’interroge sur sa capacité à absorber un éventuel choc économique futur. L’organisme estime qu’il fonctionne « sous fortes contraintes ».

Patricia Ferrand, vice-présidente de l’Unédic, évoque « un risque majeur » si une nouvelle crise survenait. Elle déplore que l’assurance chômage soit devenue « une variable d’ajustement » budgétaire.

Les responsables de l’Unédic souhaitent s’entretenir avec les ministres concernés. Ils comptent leur poser une question essentielle : « Que faisons-nous maintenant ? ».

Un possible retour à l’équilibre financier est envisagé pour 2027, selon les projections. L’Unédic table sur un excédent de 5,3 milliards d’euros, à la condition expresse qu’il n’y ait pas de nouvelle ponction.